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Jean Dikoto Mandengué est réellement de retour avec un opus qui le replonge dans les racines de la musique africaine. Difficile de résumer en quelques lignes ce pionnier de la basse et de la world music.
Le Cameroun est aujourd’hui en train de se positionner comme une terre à produire des "fréquences graves". En effet, ses bassistes envahissent les studios de Paris, New York, Los Angeles, Londres etc…
Richard Bona, Armand Sabal Leco, Etienne Mbappé, Guy Nsangué, sillonnent les scénes internationales derrière des artistes que tout musicien rêverait de rencontrer : Stanley Clarke, Paul Simon, Joe Zawinul, Billy Coban, Pat Metheny, Harry Belafonte…
Pourtant au départ, la basse n’était pas un instrument primordial dans les musiques camerounaises. C’est la guitare qui constituait l’instrument leader. Et tous les bassistes camerounais ont d’ailleurs démarré par la guitare.
A la base de cette "incongruité", il y a un homme, par qui le "scandale" est arrivé. Scandale parce que, la musique la plus populaire du Cameroun (le Makossa) a pour base la guitare. Il y a donc un novateur qui a décidé de changer le cours normal de l’histoire de la musique camerounaise. Cet homme s’appelle J. D. Mandengué, auteur compositeur, interprète, bassiste, guitariste, session-man.
L’appel de l’aventure
Né au Cameroun, il y a une soixantaine d’années (même s’il en parait une quarantaine), il taquine d’abord la guitare en dilettante, mais surtout il est groupie de musiciens congolais de passage au Cameroun, attiré par cette vie d’aventurier. Il décide de partir du Cameroun, alors qu’il n’est qu’un adolescent.
Un novateur à Paris
Alors qu’il n’a qu’une vingtaine d’années il a déjà une carrière bien chargée .Des rencontres qui comptent, Manu Dibango, qui entre temps, l’a convaincu de passer de la guitare à la Basse.
Dikoto - Dibango : une complicité de longue date qui accouchera de plusieurs chefs d’œuvre : Salt Pop Corn ; Soul Machine, from Congo… Sunday morning, wouri… influences du Memphis sound. Le son Stax. Manu Dibango, JDM, Slim Pezin, Lucien Dobat ou Ben’s Diné, c’étaient Booket T, Duck Dunn, Steve Cropper et Al Jackson de la place de Paris.
Pas étonnant que Claude François et Nino Ferrer lorgnent vers ce groupe qui arrive à reproduire ce son stax qui fait fureur dans toutes les radios et discothèques.
La collaboration entre JDM et Claude François durera près de quatre années. Après l’expérimental Nino Ferrer et le crooner Mike Brant, entrecoupée par des séances de studios chez Philips.
Ces collaborations (notamment avec Eboa Lottin et Ekambi Brillant) permettront à JDM d’asseoir la basse comme instrument leader de la musique camerounaise, avec des arrangements minimalistes où la guitare est parfois remplacée par le piano, et la batterie presque inexistante.
La basse se libère complètement et cesse d’être le gardien du tempo, pour devenir un instrument mélodique. Un instrument qui soutient le chant en lui offrant un contre point.
JDM, pose là les bases de la basse baladeuse, des balancements indolents, qui étonneront le monde entier dans le jeu des bassistes camerounais. Ce style vaudra à JDM le surnom de Mister Walking Basse. Ecoutez « besombé » de Eboa Lottin, et vous retrouverez cette manière de faire coller la basse chant, au point de lui faire jouer un rôle de « background vocal »
Ce qu’on constate, à l’écoute des premières œuvres de JDM, comme les arrangements qu’il réalise pour Ekambi Brillant et Eboa Lottin, c’est l’esquisse d’un style complètement novateur. Une utilisation de la basse qu’on ne trouve pas chez les créateurs du Makossa que sont : Nelle Eyoum, Epee Dooh, ou Ebanda Manfred.
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